Le Relevé OKTRA de Septembre 2026
Parler du marché public au singulier ne veut pas dire grand-chose. En septembre 2026, 8,7 milliards de dirhams ont été attribués. Le Relevé ouvre les dix domaines un par un, avec les noms des acheteurs et des entreprises retenues.

La réponse en bref
Six lots liés aux grands stades de la Coupe du monde 2030 (Marrakech, Agadir, Benslimane) pèsent 4,06 milliards de dirhams, près de la moitié du mois ; sans eux, septembre serait un mois ordinaire à 4,6 milliards. L'acheteur le plus transversal est la SRM, société régionale multiservices : présentes dans huit domaines sur dix, les SRM cumulent 28 des 200 plus grosses attributions, pour 425 millions de dirhams.
Ce qu'il faut savoir avant de lire
- Un mois, deux histoires : Six lots de stades font près de la moitié du montant. Le reste raconte le marché ordinaire.
- Chaque domaine a son thème : Un programme, un acheteur ou un type de prestation domine presque toujours.
- Un acheteur traverse tout : Les SRM, sociétés régionales multiservices, apparaissent dans huit domaines sur dix.
- Un mois n'est pas une tendance : Septembre est le mois de la rentrée, et il est encore incomplet. Nous y revenons plus bas.
Les travaux, portés par trois stades
Le mois appartient aux préparatifs de la Coupe du monde 2030. Six des vingt plus grosses attributions du pays concernent les grands stades de Marrakech, d'Agadir et celui de Casablanca construit à Benslimane. Ensemble, elles pèsent 4,06 milliards de dirhams, soit près de la moitié du montant attribué dans tout le pays sur le mois.
Les acheteurs sont l'Agence nationale des équipements publics et sa direction régionale du Sud. Côté entreprises, INTER TRIDIM emporte la couverture et la façade du stade d'Agadir pour 995,6 millions de dirhams, RAPIBAT les fluides de Marrakech pour 212 millions, et OTIS MAROC les ascenseurs et escaliers mécaniques de Benslimane pour 118,2 millions.
Hors stades, le marché ordinaire des travaux garde sa physionomie habituelle. SHANDONG HI-SPEED ENGINEERING remporte le dédoublement d'une route provinciale de Khémisset pour 369,7 millions, auprès de la direction provinciale de l'Équipement. EGCA décroche un collecteur d'assainissement à Marrakech pour 85,2 millions auprès de la SRM Marrakech-Safi.
OUMOUJANE TRAVAUX remporte à lui seul trois des vingt plus gros lots du domaine, deux opérations de mise à niveau urbaine à Zagora et Agdez pour Al Omrane Drâa-Tafilalet, et un chantier d'assainissement à Bab Berred. Les trois premiers attributaires captent 58 % du haut de marché.
Pour qui cela compte. Les stades ne sont pas un marché accessible au plus grand nombre, mais ils entraînent des lots techniques et de la sous-traitance. Le marché réellement ouvert se joue sur l'aménagement urbain et la voirie, auprès des sociétés Al Omrane, des directions provinciales de l'Équipement et des SRM.
L'électricité, entre stades et réseaux
Le domaine affiche le deuxième montant du mois, mais deux lots d'électricité de stades en constituent l'essentiel. LAMALIF GROUP emporte les courants forts et faibles du stade de Marrakech pour 1,265 milliard de dirhams, PROTELEC ceux d'Agadir pour 1,229 milliard.
LAMALIF GROUP remporte aussi, le même jour, l'éclairage public et la mise en lumière des berges du Bouregreg pour 73,7 millions, auprès de l'Agence pour l'aménagement de la vallée du Bouregreg. La même entreprise est donc présente sur le lot exceptionnel et sur le marché courant.
Hors stades, l'énergie se résume à deux familles de clients. L'Office national de l'électricité et de l'eau potable, présent sur cinq des vingt plus grosses attributions, avec notamment la réhabilitation des postes 225/60 kV d'Aït Melloul et de Tiznit remportée par SGEE pour 29,8 millions chacun. Et les sociétés d'aménagement, avec ELECTRO INDUSTRIE qui électrifie un pôle urbain pour Al Omrane Béni Mellal-Khénifra, à 61,1 millions.
Pour qui cela compte. Pour un électricien, le marché courant, ce sont les postes de transformation de l'ONEE, l'éclairage public et l'électrification de pôles urbains. Les lots de stades relèvent d'une autre catégorie d'acteurs.
L'informatique, un seul programme en tête
Les trois plus grosses attributions informatiques du mois appartiennent au même programme : la réingénierie des réseaux du ministère de l'Intérieur, découpée en trois lots remportés par trois entreprises différentes. CBI pour 31,2 millions, FINATECH GROUP pour 28,7 millions, INTELCOM pour 28,1 millions. À elles seules, ces trois lignes représentent plus du tiers du domaine.
Le reste du haut de marché est presque exclusivement un marché d'État central, et la sécurité y domine. OMNISHORE remporte la mise à niveau de la digital factory du ministère des Affaires étrangères pour 11,2 millions, SIRECOM les solutions de contrôle d'accès de la délégation générale à l'administration pénitentiaire pour 8,6 millions, MUNISYS un pare-feu applicatif web pour 6,9 millions. Les collectivités locales sont quasi absentes du classement.
Aucun attributaire n'apparaît deux fois parmi les vingt premiers. Le domaine est ouvert.
Pour qui cela compte. Une société de services numériques qui vise le haut de marché doit suivre une dizaine d'administrations centrales, pas le territoire. Et la cybersécurité est, ce mois-ci, la porte d'entrée la plus fréquente.
Les études, un nouveau donneur d'ordre
C'est le domaine où le changement d'acteur est le plus visible. Les SRM, les sociétés régionales multiservices créées pour reprendre la distribution d'eau et d'électricité, occupent huit des vingt plus grosses missions d'ingénierie du mois. Un seul de leurs programmes, la reconnaissance des réseaux et leur saisie dans un système d'information géographique lancée par la SRM de l'Oriental, se décline en cinq lots, dont trois remportés par ETAFAT.
NORD DIRASSAT décroche pour sa part l'assistance technique au suivi des travaux d'assainissement de la SRM Souss-Massa, à 7,1 millions de dirhams.
Le second bloc est hydraulique, porté par la direction des Aménagements hydrauliques : contrôle des travaux des barrages Falit et Sid Ammar, étude de conception du barrage Boussbaa, campagnes de mesures pour l'Agence du bassin hydraulique du Sebou. L'eau, sous toutes ses formes, structure le marché des bureaux d'études.
Pour qui cela compte. Un bureau d'études qui n'a pas encore référencé les SRM travaille à côté du principal gisement du moment. Les compétences qui paient sont la topographie, les systèmes d'information géographique et l'assistance au suivi de travaux d'assainissement.
Le mobilier, une vague d'équipement
Le domaine des fournitures générales est dominé par un seul objet : le mobilier. Huit des vingt plus grosses attributions concernent l'équipement de bureaux, de centres de formation, d'écoles d'ingénieurs et d'établissements sanitaires.
L'OFPPT revient quatre fois, équipant ses nouvelles cités des métiers et centres multi-filières. MAROC BUREAU y remporte un lot à 5,3 millions et, la même semaine, le mobilier des directions de la Société nationale des autoroutes du Maroc à 4,7 millions. ALPHA BUREAU décroche le mobilier de la SRM Souss-Massa à 7,9 millions.
En tête du domaine, deux marchés de nature différente : FOUTRAV remporte un appel d'offres international de la direction des Douanes à 24,2 millions, et ELEMENTS AZ l'équipement d'un centre administratif et culturel à Béni Mellal pour 14,4 millions.
Pour qui cela compte. Un fournisseur de mobilier ou de matériel de bureau a ici des clients qui achètent par vagues : un bâtiment neuf s'équipe en plusieurs marchés étalés sur des mois, salle par salle et service par service. Suivre les chantiers de construction et les ouvertures d'établissements annoncées revient donc à connaître ses appels d'offres avant qu'ils ne sortent. L'OFPPT, les SRM et les nouveaux centres administratifs régionaux sont, ce mois-ci, les acheteurs les plus actifs.
Les déchets, poste le plus lourd
Le domaine réunit les véhicules, les engins, le transport et la propreté urbaine. C'est cette dernière composante qui pèse le plus lourd ce mois-ci : la plus grosse attribution est un casier d'enfouissement et un bassin de stockage des lixiviats à Safi, remporté par SOMAGEC pour 46,5 millions de dirhams auprès du groupement de communes Abda. Le traitement des déchets ménagers mobilise plus d'argent public que l'achat de matériel roulant.
En dessous, le marché change de nature. Des communes rurales et urbaines achètent un camion-benne, une tractopelle, deux ambulances, des véhicules de transport scolaire, pour 1 à 3,5 millions de dirhams. Entre les deux, quelques marchés d'exploitation : STE SMART WORKS livre des hydrocureuses à la SRM Tanger-Tétouan-Al Hoceïma pour 6,5 millions, PROXI INDUSTRIE des pièces de moteur pour la centrale diesel de Laâyoune de l'ONEE.
Aucun attributaire ne revient deux fois.
Pour qui cela compte. Un concessionnaire ou un loueur de matériel a devant lui un marché atomisé, commune par commune, avec des tickets modestes et un renouvellement régulier. C'est un marché de couverture territoriale, pas de gros coups.
La forêt devant l'alimentaire
Le domaine couvre les fournitures agricoles et d'élevage, l'alimentaire, les forêts et les espaces verts. Sur les vingt plus grosses attributions, une seule concerne des denrées alimentaires. Tout le reste relève de la forêt et du paysage : reboisement, lutte contre l'ensablement, régénération forestière, aménagement paysager urbain.
En tête, BOUTKABART remporte la mise à niveau de l'oasis Sidi Yahya à Oujda pour 25,7 millions, auprès de la Société de développement Oujda Li Tahyiaa. STE EL BAQQAL TRAVAUX décroche une tranche de reboisement de la vallée du Bouregreg à 12,8 millions, et STE GLATRO des travaux de lutte contre l'ensablement pour la direction régionale de l'Agence nationale des eaux et forêts de Laâyoune-Sakia El Hamra, à 9 millions. Cette agence signe à elle seule sept des vingt attributions du domaine.
Pour qui cela compte. Les entreprises de travaux paysagers et de reboisement ont un acheteur principal et un calendrier saisonnier. Les fournisseurs alimentaires, eux, ne trouveront pas leur marché dans le haut de ce classement : il se joue sur des lots plus petits et plus nombreux.
La santé, un géant et beaucoup de petits
Un seul marché pèse près de la moitié du domaine : l'achat de réactifs de diagnostic in vitro pour les programmes sanitaires, passé par la direction de l'Approvisionnement en médicaments et produits de santé et remporté par SONEPAR GROUPE pour 34,5 millions de dirhams. Le même acheteur attribue un second lot de réactifs et dispositifs à MABIOTECH pour 6,1 millions.
Tout le reste tient entre 500 000 et 5 millions de dirhams, et c'est là que se trouve l'information utile. Les acheteurs sont des délégations provinciales, des centres hospitaliers, des groupements sanitaires territoriaux, dispersés sur tout le territoire. TECHNIQUES SCIENCE SANTE remporte ainsi deux marchés de maintenance, l'un pour le groupement sanitaire de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, l'autre pour la polyclinique CNSS de Derb Ghallef.
Pour qui cela compte. C'est l'un des domaines les plus accessibles aux petites structures, à condition d'accepter la dispersion géographique. Suivre les seules directions centrales revient à ne voir qu'une partie du marché.
Le gardiennage, le marché le plus régulier
Rien de spectaculaire ici, et c'est précisément l'intérêt. ALPHA MAN POWER 1 remporte la surveillance des bâtiments de la Trésorerie générale du Royaume pour 7,3 millions, LIMIT PROB SERVICE le gardiennage des sites de la société de développement Rabat Animation et Développement à 5 millions, GOLDEN GARDIENNAGE les locaux de la direction générale de l'Hydraulique à 4,7 millions, et STE SAGHA ENVIRONNEMENT le nettoyage des déchets du port d'Agadir pour l'Agence nationale des ports, à 4,6 millions.
Des prestations récurrentes, renouvelées par marchés pluriannuels, entre 1 et 7 millions de dirhams. Aucun attributaire ne revient dans les vingt premiers : le marché est disputé sans être verrouillé.
Pour qui cela compte. Dans ce domaine, la veille au jour le jour compte moins que le calendrier des renouvellements. Un contrat perdu ne revient qu'au terme suivant, souvent trois ans plus tard.
Le conseil, minuscule et révélateur
Dix millions de dirhams sur les 8,7 milliards du mois : le conseil, l'audit et la formation pèsent un millième du marché. Les tickets vont de 150 000 à 1,6 million de dirhams.
Ce que ces petits marchés révèlent concerne pourtant les neuf autres domaines. ECOPROGRESS accompagne la SRM Fès-Meknès vers une certification qualité, sécurité et environnement. AUDITAS réalise l'audit financier et contractuel de celle de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Ces structures nouvellement créées achètent du conseil parce qu'elles sont en train de se construire. En tête du domaine, un organisateur de voyages d'étude est retenu par l'Agence pour le développement agricole, et THINKDATA forme le personnel de l'Office national des aéroports.
Pour qui cela compte. Pour un cabinet, le volume est faible mais la barrière à l'entrée l'est aussi. Et les organisations publiques nouvellement créées sont, mécaniquement, les plus demandeuses d'accompagnement.
Le fil rouge du mois
Un acteur traverse ce panorama : les SRM, les sociétés régionales multiservices. Oriental, Souss-Massa, Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, Marrakech-Safi, Rabat-Salé-Kénitra, Fès-Meknès, Béni Mellal-Khénifra. Elles apparaissent dans huit domaines sur dix, totalisent 28 des 200 plus grosses attributions examinées et 425 millions de dirhams.
Elles achètent des travaux d'assainissement, de l'éclairage public, des études cartographiques, du mobilier de bureau, des hydrocureuses, du gardiennage, du matériel informatique et du conseil en organisation. Une entreprise qui ne les a pas identifiées comme clients potentiels, quel que soit son métier, passe à côté d'un donneur d'ordre en pleine montée en charge.
Pour les suivre, commencez par recenser les sources officielles où ces acheteurs publient leurs consultations.
Ce qu'un mois ne dit pas
Trois limites, qu'il faut garder en tête avant de tirer la moindre conclusion de long terme.
Septembre est un mois particulier. C'est la rentrée, le moment où se concluent les consultations lancées avant l'été. Les appels d'offres attribués ici ont été publiés pour l'essentiel en juillet et en août. Ce que nous décrivons est donc la photographie d'un cycle administratif précis, pas le portrait permanent d'un secteur.
Le mois n'est pas terminé, et ne le sera pas avant longtemps. Nos chiffres s'arrêtent au 26 septembre, et un résultat d'attribution est publié puis collecté plusieurs jours après la décision. Les montants et les classements bougeront encore.
Nous regardons le haut de marché. Les observations de concentration et les noms cités portent sur les vingt plus grosses attributions de chaque domaine. Les centaines de lots plus modestes, qui constituent l'essentiel des occasions pour une PME, peuvent se comporter autrement.
Pour aller vers ces lots, vous pouvez repérer les consultations à petit budget encore ouvertes et les qualifier une à une.
Un événement exceptionnel suffit à déformer un mois entier : sans les six lots de stades, septembre serait un mois ordinaire à 4,6 milliards de dirhams. C'est précisément pour cette raison qu'un seul relevé ne suffit pas.
Le Relevé, chaque mois
Ce panorama devient un rendez-vous. Le Relevé paraît chaque mois, dans le même format et avec la même méthode : les dix domaines, un phénomène et un enseignement par domaine, les noms des acheteurs et des attributaires. Septembre 2026 en est la première édition.
C'est la répétition qui produira les enseignements utiles. Elle dira si les SRM confirment leur montée en puissance ou si septembre était un accident de calendrier. Elle dira si le marché du mobilier suit vraiment le rythme d'ouverture des centres de formation. Elle dira quels attributaires reviennent d'un mois sur l'autre, et lesquels ne faisaient que passer.
Méthode
Périmètre : appels d'offres d'achat, tous acheteurs publics, lots attribués entre le 1er et le 26 septembre 2026, montants tels que publiés dans les avis d'attribution. Le mois est incomplet, un résultat étant collecté avec un décalage après son attribution. Les noms d'acheteurs et d'attributaires proviennent des avis publics ; les raisons sociales sont reprises sans consolidation de groupe, et les montants sans retraitement. Les observations de concentration portent sur les vingt plus grosses attributions de chaque domaine. Les regroupements en domaines sont ceux utilisés pour cette analyse.
Méthode et périmètre
Périmètre : appels d'offres d'achat, tous acheteurs publics, lots attribués entre le 1er et le 26 septembre 2026, montants tels que publiés dans les avis d'attribution. Le mois est incomplet, un résultat étant collecté avec un décalage après son attribution. Les noms d'acheteurs et d'attributaires proviennent des avis publics, sans consolidation de groupe et sans retraitement des montants. Les observations de concentration portent sur les vingt plus grosses attributions de chaque domaine.
Période étudiée : Attributions du 1er au 26 septembre 2026
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Une action claire pour appliquer ce que vous venez de lire.
Sources vérifiées
- Avis d'attribution de marchés publics collectés et classés par OKTRA, septembre 2026
OKTRA
Montants et noms relevés dans les avis d'attribution publiés, agrégés par domaine sur les vingt plus grosses attributions de chaque famille.
Consultée le 27 septembre 2026


